De la science et des chatons
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Comment le chat a conquis le monde

Le chat domestique actuel est un lointain descendant du chat sauvage présent au Proche-Orient au début du Néolithique. Eva-Maria Geigl et Thierry Grange, chercheurs à l’Institut Jacques Monod (université paris Diderot/CNRS) retracent pour la première fois son parcours et montrent comment le félin a suivi la population d’agriculteurs depuis le Croissant fertile jusqu’à l’Europe. Leurs résultats sont publiés dans la revue scientifique Nature Ecology and Evolution le 19 juin.

Le chat a décidément la cote auprès des humains : avec près de 13 millions de chats domestiques en France, la population féline ne cesse d’augmenter et dépasse largement celle des chiens dans l’Hexagone. Mais combien de maîtres savent que leur ronronnant compagnon ne descend pas des chats sauvages européens (Felis silvestris silvestris), comme certains pourraient l’imaginer, mais vient d’horizons bien plus lointains : le Proche-Orient, berceau de l’agriculture dix millénaires avant notre ère ? « Le chat s’est rapproché de l’homme pour des raisons évidentes d’intérêts convergents : il a été attiré dans les villages par l’afflux de rongeurs que les stocks de grains d’orge et de blé ne manquait pas de provoquer », racontent Eva-Maria Geigl et Thierry Grange, chercheurs spécialistes de paléogénétique à l’Institut Jacques Monod. L’être humain lui-même n’y aurait trouvé que des avantages : non seulement il était débarrassé des rats, mais aussi des serpents et d’autres espèces venimeuses que Felis silvestris lybica, le chat sauvage d’une vaste zone allant de l’Afrique du Nord au sud de l’Anatolie, mettait également à son menu.

Les indices historiques et archéologiques accréditaient depuis longtemps cette hypothèse du rapprochement, et plus si affinités, entre le chat et l’homme dès les débuts de l’agriculture. « Un squelette de chat a été trouvé à Chypre dans une tombe d’enfant datant de 7500 avant Jésus-Christ, détaillent les deux chercheurs. Une tombe contenant exclusivement les ossements de plusieurs chats non apparentés a été mise au jour dans un cimetière égyptien remontant à 4500 ans avant Jésus-Christ environ. Après l’avoir déifié et en avoir fait un auxiliaire de Râ, le dieu du soleil, l’iconographie égyptienne fait figurer le félin dans des scènes de chasse dès le 2e millénaire avant Jésus-Christ, puis on le voit apparaître dans la maison, sous la chaise de l’homme ou de la femme, parfois même équipé d’un collier. »

Autant de signes qui semblent attester que l’homme a très tôt adopté le félin. Les études de génome conduites sur des chats modernes – chats domestiques, chats sauvages européens (silvestris)  et moyen-orientaux (lybica) – confirmaient de leur côté la proximité génétique entre le chat domestique actuel et lybica. Mais quand la domestication avait-elle eu lieu et quel était le scénario de la diffusion du chat ? Le mystère restait entier.

Pour lire la suite de l'article, rendez-vous sur CNRS Le Journal
Lire la publication dans Nature Ecology and Evolution

 

 
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Paléogénomique

Découverte de la paléogénomique avec Eva-Maria Geigl
Laboratoire

Institut Jacques Monod

L'objectif des équipes de recherche est de comprendre les processus fondamentaux qui contribuent à la structure, la dynamique et les fonctions des cellules eucaryotes.