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L'air que l'on respire

La qualité de l’air est un enjeu sociétal majeur. Un consortium de chercheurs franciliens s’est fédéré autour de ces problématiques et reçoit, pour mener ses travaux, un financement de la Région Ile-de-France. Patrice Coll, enseignant-chercheur à l’UFR Chimie de Paris Diderot, et directeur du LISA (UMR CNRS 7583), nous présente ce projet de recherche.

 

Que fait-on pour améliorer la qualité de l’air dans nos métropoles ? A cette question primordiale, les scientifiques redoublent d’inventivité pour trouver des innovations technologiques qui rendent les véhicules moins polluants, pour élaborer des capteurs capables de mesurer les micro-polluants dans notre atmosphère ou encore pour prédire la qualité de l’air des espaces urbains dans 20 ou 30 ans… Au sein du laboratoire LISA (Laboratoire Inter-universitaire des Systèmes Atmosphériques), plusieurs chercheurs travaillent sur ces problématiques. Depuis un peu plus de deux ans, ils coordonnent un DIM émergent (Domaine d’Intérêt Majeur), financé par la Région Ile-de-France, pour développer leurs recherches en réseau avec des partenaires extérieurs à l’unité de recherche. Ce DIM, intitulé Qi2 « Qualité de l’air, Impacts sanitaires et Innovations technologiques et politiques », vient d’être labellisé officiellement par le Région Île de France qui devrait allouer tout prochainement près de 2 millions d’euros par an à ce groupement de chercheurs.

Ce réseau regroupe 30 laboratoires académiques en Ile-de-France, dont les unités LISA, BFA et Prodig de l’université Paris Diderot. Mais aussi l’école Polytechnique, l’école normale supérieure ainsi que AIRPARIF, l’ADEME, l’ANSES, la Ville de Paris et des liens existent par ailleurs avec des entreprises telles que Air Liquide et EDF... « Ce DIM n’est en aucun cas un club fermé, les chercheurs, les entreprises, les associations qui veulent participer aux réflexions et surtout aux actions sont les bienvenus », glisse Patrice Coll.

La qualité de l’air intéresse les organisateurs des JO 2024

Pour avoir une idée des recherches en cours, regardons l’équipe de Patrice Coll qui travaille avec des médecins et des biologistes sur le programme Pollurisk. Sur le campus de l’UPEC à Créteil, les chercheurs disposent d’une grande chambre de simulation atmosphérique, où ils reproduisent des atmosphères réalistes  auxquelles ils exposent des organismes vivants. « Nous sommes capables de reproduire la qualité de l’air d’une ville comme Pékin afin d’évaluer l’impact sanitaire de cette atmosphère sur certaines pathologies », nous dit Patrice Coll. Les chimistes collaborent aussi avec des ingénieurs des transports et des urbanistes pour mesurer l’impact de l’aménagement du territoire et des changements de mobilité sur la qualité de l’air. A terme, ils espèrent contribuer à la définition de l’aménagement idéal d’une ville du futur qui serait moins polluée.

Avec l’organisation des Jeux Olympiques à Paris 2024, les chercheurs du réseau Qi2 sont en train de monter un projet de recherche dans l’optique de mieux appréhender la question de la  qualité de l’air durant les épreuves sportives. Quel plan de mobilité faut-il prévoir ? La pollution a-t-elle une incidence sur les performances sportives ?  Quelles mesures prendre en cas de canicule ? « Nos questionnements scientifiques rejoignent les préoccupations des décideurs politiques et des citoyens » fait remarquer Patrice Coll. Le DIM offre l’opportunité d’être en interface avec les entreprises, les fédérations professionnelles, les associations. Les sciences dures doivent également croiser leurs résultats avec les sciences humaines, car les sociologues ont des choses à apporter sur les perceptions des populations sur la qualité de l’air ». L’enjeu de ce DIM est enfin de sensibiliser les citoyens à ce problème majeur et de trouver avec eux les solutions qui rendraient l’air plus respirable dans les métropoles.

 

Qu’est-ce qu’un DIM ?

Afin de soutenir plus efficacement la recherche sur son territoire, la Région Ile-de-France concentre ses aides sur des thèmes porteurs. Il s'agit des DIM ou Domaines d’intérêt majeur. Concrètement, il s’agit de réseaux de recherche d’envergure internationale qui réunissent de nombreux acteurs (universités et écoles de l’enseignement supérieur, laboratoires de recherche, partenaires socio-économiques…). Pour la période 2017-2020, la Région a labellisé treize DIM. Leur point commun : ils présentent un fort potentiel d’innovation et de développement pour le territoire et traitent d'enjeux de société. La Région investit de manière importante dans les DIM (20 M€ en 2018), afin de financer des équipements, des postes de doctorants, des projets collaboratifs de recherche, des colloques et manifestations… Autant d'éléments clés qui stimulent la recherche.

 

Laboratoire

Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques

Le LISA, Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques est une unité de recherche de structure originale dépendant des Universités Paris Diderot et Paris 12 et du CNRS.