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Unité de recherche Migrations et Sociétés

URMIS
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U. Nice Sophia Antipolis ; IRD

Présentation

L’Unité de Recherche Migrations et Société (Urmis, UMR 7032) est un laboratoire spécialisé dans l’étude des migrations et des relations interethniques associant le CNRS et les universités de Paris Diderot et Nice-Sophia Antipolis. Il regroupe des équipes de recherche localisées à Paris et à Nice et accueille des chercheurs relevant de plusieurs disciplines (sociologie, anthropologie, sciences politiques, psychologie sociale, histoire).

Les recherches empiriques conduites dans les différents programmes du laboratoire sont l’occasion de confronter les questions théoriques et méthodologiques posées par les modalités d’insertion des populations immigrées, le traitement de la question de l’immigration par les institutions et les partis politiques, la constitution d’espaces migratoires transnationaux, les dynamiques culturelles dans les sociétés pluri-ethniques...

L’orientation commune récuse toute approche essentialiste des groupes nationaux, ethniques ou culturels, clairement situés comme des constructions historiques et sociales. Elle met l’accent sur les processus institutionnels et interactionnels par lesquels les appartenances collectives sont produites, maintenues ou transformées. Le domaine de ces recherches recoupe des questions théoriques fondamentales dans le champ des sciences sociales : la construction symbolique des identités collectives, l’analyse des processus sociaux de discrimination, les mécanismes de la catégorisation sociale, la production et les usages des catégories de l’altérité ...

Le laboratoire est équipe d’accueil pour deux masters à Paris Diderot et Nice Sophia Antipolis. Il a vocation à encadrer des doctorants et post-doctorants spécialisés dans le domaine des migrations et des relations interethniques. L’équipe de Nice est membre fondateur de la MSH de Nice.

Thèmes de recherche

Thème 1 : Les reconfigurations des migrations contemporaines

Le renforcement des frontières des pays occidentaux, le transfert du contrôle de ces mêmes frontières à des pays tiers, les mutations rapides des sociétés de départ transforment les conditions de la migration : nouveaux flux, nouveaux profils, nouveaux projets, nouveaux enjeux, nouveaux risques associés, sur lesquels tentent d’agir des politiques coproduites par les États protagonistes, provoquant, en retour, des parcours et itinéraires inédits.

Ce thème de recherche interroge les recompositions produites par ces modifications des flux migratoires nationaux et internationaux dans les processus liés au cycle vital, le travail salarié, les circuits de transmission du savoir, les hiérarchies sociales ou les mobilisations politiques. Il s’intéresse aux conditions de mise au travail des migrants et de circulation des élites dans le contexte de la mondialisation de l’économie et des connaissances, tandis que les carrières migratoires sont de plus en plus diversifiées. Il met en perspective les contraintes que font peser les Etats qui encadrent les mouvements sur les pratiques migratoires ainsi que sur les stratégies construites localement par les migrants. Il s’attache aussi à l’étude de la transformation des Etats d’origine et d’accueil par la mobilité des personnes.

Programme 1.1. : Travailleurs et élites circulants
Programme 1.2. : Cycle de vie, famille et mobilités
Programme 1.3. : Circulations et recompositions sociales

Thème 2 : Fabriques de l’altérité, racisme et discriminations

Ce deuxième thème regroupe l’ensemble des travaux questionnant les « fabriques de l’altérité ». Ces recherches ont en commun une approche de l’étude des processus liés à la différenciation et la hiérarchisation sociales en raison de l’origine ethnique, « raciale », nationale – réelle ou supposée –, et la façon dont ces processus participent plus largement de débats, positionnements ou stratégies d’acteurs dans l’espace public. Cette perspective est sous-tendue par une problématique transversale, à savoir l’articulation de ce qui relève, d’une part, des rapports de pouvoir et, d’autre part, de la définition sociale de collectivités (voire de groupes) constituées sur la base d’une origine – attribuée, imputée ou affirmée, revendiquée.

Programme 2.1 : Mobilités et figures de l’altérité
Programme 2.2 : Immigration et situations minoritaires : politiques, discours et mobilisations
Programme 2.3 : Ethnicisation, Racisation, processus discriminatoires

Thème 3 : Mobilité, mémoire et rapport au territoire

Ce thème de recherche considère la notion de territoire dans une perspective polysémique, des territoires de l’ancrage et de la stigmatisation ethnique aux territoires de l’identité et de l’exil entendu comme une expérience du hors-lieu. Dans un contexte de mondialisation et de circulations amplifiées de biens, d’idées et de personnes, les rapports entre espaces et identités acquièrent des fonctions renouvelées et sont appelés à jouer des rôles politiques et sociaux inédits. Les concepts de “territoire”, “territorialité” et “territorialisation”, avec leurs déclinaisons, sont mobilisés pour saisir ces dynamiques appréhendées dans leur historicité. Ils permettent de comprendre les comportements, les pratiques et les stratégies mises en œuvre à différents niveaux géographiques et sociaux — du village à la diaspora, de l’individuel au collectif — pour faire face à des transformations radicales des environnements identitaires et spatiaux.

On s’intéressera aux élaborations sociales, culturelles et politiques nouées autour de ces rapports contraints entre territorialités et identifications. L’anthropologie, l’histoire et la géographie sont mobilisées pour traiter des cas qui concernent l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine et l’Europe, continents qui seront examinés au regard de questionnements croisés. Ces questionnements s’organisent autour de trois directions de recherche : les traitements symboliques et mémoriels de l’espace et des territoires, notamment dans le cas de traumatismes contemporains ou récents ; les configurations historiques et contemporaines héritières des esclavages ; les processus d’appropriation et de contrôle de l’espace.

L’accent est mis sur les non-dits, les sous-jacences, les subtilités des imaginaires sociaux et de leurs usages politiques dans une volonté d’examiner leurs rapports aux espaces et au territoire de manière plus sensible et implicite. Loin de figer les identités dans le temps et dans l’espace, l’entrée par la mobilité permettra d’envisager les questions mémorielles et leur rôle d’outil de légitimation dans une perspective dynamique.

Programme 3.1. : “Retours d’esclavages”
Programme 3.2. : Anthropologie de l’exil extrême
Programme 3.3. : Usages politiques des espaces, rapports de pouvoir et identifications

Thème 4 : Circulation des objets et des signes culturels

L’impact que revêtent aujourd’hui dans tous les domaines de la vie sociale et culturelle, dans la définition de soi et des groupes, non seulement la circulation des personnes mais aussi celle des idées, des artefacts, des représentations et des modes de consommation culturelle constituent une donnée dont l’importance est de mieux en mieux reconnue. Il n’y a pas de doute, en effet, que les effets conjugués des multiples flux, des déplacements des hommes, des marchandises, des idées ou de l’action des médias transforment profondément non seulement la manière dont circulent les ressources artistiques, technologiques, religieuses, marchandes à travers le monde, mais aussi la manière dont ces dernières peuvent être mobilisées au service d’identifications individuelles et collectives que décrivent de façon insuffisante les seuls cadres de l’État-nation et les entités collectives (classe, caste, famille, lignage, groupe ethnique) qui peuplent le vocabulaire des sciences sociales.

L’objectif de ce thème est d’étudier les processus d’appropriation, d’ajustements, d’adaptations ou de négociations liés aux phénomènes de circulation et à la diffusion des objets et des signes culturels. En particulier, il sera question de comprendre comment ces circulations affectent tout autant les créations artistiques, les échanges technologiques et les dynamiques religieuses que les imaginaires, la formation et les reconfigurations des subjectivités et des appartenances, ou les pratiques de gestion et de transformation des apparences physiques.

Programme 4.1 : Créations artistiques, échanges technologiques et dynamiques religieuses
Programme 4.2. Usages socioéconomiques de l’ethnicité

Objet transversal à la programmation : La santé

Les recherches sociologiques dans le domaine de la santé ont débuté tardivement mais connaissent aujourd’hui des développements importants et transversaux à différents champs. La santé comme fait social constitue un observatoire permettant des approches, tant locales que globales ou interconnectées, de phénomènes qui recoupent les différents axes de recherche de l’URMIS. Ainsi les inégalités sociales de santé recoupent-elles les inégalités et les discriminations liées aux origines (réelles ou supposées) qui font partie des objets de l’axe 2, tandis que les enjeux de santé publique – du care au cure – s’inscrivent dans un monde aujourd’hui globalisé où les circulations de savoirs, de pratiques, de professionnels de la santé et de ressources sanitaires ne sont plus limitées aux seuls échanges Nord-Sud. Certains travaux trouvent ainsi leur place dans les thèmes 1 et 4 du laboratoire. Enfin la santé des migrants se joue entre un ici et un/des ailleurs où se déploient des assignations (identitaires, culturalisées, genrées) et des stratégies (de survie, de résistance, d’insertion, de promotion…) individuelles et collectives qui trouvent un écho dans l’axe 3.

Des étudiants et des chercheurs se retrouvent dans un séminaire mensuel d’enseignement par la recherche « Migrations, Ethnicité, Santé », fonctionnant comme un lieu de réflexivité et de partage tant pratique que théorique, particulièrement propice au développement de projets collectifs (coordinations de numéros de revues, publications collectives, réponses collectives à des appels d’offres, organisation de colloques et journées d’études, etc.)

Autres contacts

U.F.R. Sciences Sociales

Bâtiment Olympe de Gouges (bureau 681)

8 Place Paul Ricœur

75013 PARIS

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